Média communiste pour toute l'Europe
fondé par Michèle Mestre
19 mars 2025

Victoire de l'Algérie - Guerres au Yemen et en Palestine - Retailleau s'embrouille

Bonjour,

Alors même que le Rwanda et son président Paul Kagamé viennent de rompre les relations diplomatiques avec la puissance coloniale, la Belgique, le Niger et le Burkina Fasso ont décidé de sortir de l’OIF (organisation de la francophonie) pour marquer leurs désaccords avec la France. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

19 mars 1962 - La victoire de l’Algérie indépendante

L’Algérie célèbre aujourd’hui la Fête de la Victoire. Il y a 63 ans, le 19 mars 1962, le cessez-le-feu est entré en vigueur. Il mettait fin à plus de 132 ans de joug colonial. Le 29 octobre 1962 symbolise la victoire des objectifs fixés par la glorieuse Révolution de Novembre 1954 : le recouvrement de la souveraineté nationale.

L’Algérie a arraché de haute lutte son indépendance, grâce à la combinaison effective de la lutte armée, de l’action politique et de l’adhésion populaire quasi totale à la Révolution, malgré toutes les tentatives du colonialisme français de porter atteinte à ce processus révolutionnaire. Il a marqué l’histoire avec un grand H.

Par son long combat, le peuple algérien a imposé sa volonté en payant néanmoins un très lourd tribut, face à un occupant qui se croyait en terrain conquis et qui n’a lésiné sur aucun moyen même les plus cruels, pour déposséder les Algériens de leurs terres, puis de les exterminer.

De 1954 à 1962, plus d’un million et demi d’Algériens sont tombés en martyrs au champ d’honneur. La barbarie et la cruauté du colonisateur français ont été par ailleurs sans limite.

Dans son livre tout récent, La première guerre d’Algérie, Une histoire de conquête et de résistance, 1830-1852 (éd. La Découverte 774 p.), Alain Ruscio montre dans quelles conditions la France impériale attaque sans prévenir la “résidence d’Alger”. C’est déjà totalement l’Algérie, dans toutes ses composantes.

Les travaux de l’historien Christophe Lafaye sont compilés dans le documentaire Algérie, sections armes spéciales. Il a permis de lever le voile sur un aspect caché de la sauvagerie de l’occupant : l’utilisation d’armes chimiques létales contre nos moudjahidines et les populations civiles.

Document extrait du documentaire

Document extrait du documentaire

Les manifestations populaires, du 11 décembre 1960 en Algérie ont amené l’Assemblée générale des Nations unies à inscrire la question algérienne à son ordre du jour. La partie française, sous la pression internationale, est revenue à la table des négociations, jusqu’à la proclamation du cessez-le-feu.

À Évian, la délégation algérienne était conduite par le ministre des Affaires étrangères du Gouvernement provisoire de la République algé rienne (GPRA), Krim Belkacem. La délégation française était conduite par Louis Joxe.

Le 19 mars 1962 a été suivi par un référendum d’autodétermination le 1er juillet 1962. Les Algériens ont voté massivement en faveur de l’indépendance. Elle fut proclamée le 5 juillet 1962. Fruit de cet héritage, l’Algérie d’aujourd’hui défend, bec et ongles, le principe intouchable d’indépendance des décisions souveraines.

Première guerre de Trump : le bombardement des Houthis du Yemen

L’armée US frappe depuis le samedi 15 mars 2025 des positions Houthis au Yémen. Donald Trump réalise son premier acte de guerre depuis son retour aux affaires présidentielles, le 20 janvier 2025. Au moment même du déclenchement, il annonce sur son réseau social Truth, des frappes « décisives et puissantes » contre le mouvement Ansar Allah Houthis. « Nous utiliserons une force létale écrasante jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif ». Des photos sont publiées par la présidence US, qui supervise les opérations depuis un centre de commandement à Washington.

Carte de la région du Yemen

Dirigeant les frappes sur le terrain, le commandement central US diffuse des vidéos d’avions au décollage et de frappes détruisant des sites. Le porte-parole du département de la Défense publie un long commentaire, annonçant le « retour de la puissance militaire américaine », après la « mollesse » de l’administration Biden. Les attaques, en plusieurs vagues, ont ciblé des batteries de lancement de missiles et des ensembles de commandement, selon les autorités militaires US.

Le ministère de la Santé des Houthis fait part d’au moins 31 morts jusqu’au 18 mars et de plus de 120 blessés, affirmant que les bombardements ont visé des parties de la capitale Sanaâ, les gouvernorats de Saâda et d’Al-Bayda, ainsi que la ville de Radaâ. Des images diffusées dans la soirée de ce samedi 15 mars par la chaîne Al-Massirah, réputée acquise au mouvement Ansar Allah, ont montré des évacuations précipitées de blessés, tous des civils, dont des femmes et des enfants.

« L’agression ne restera pas sans réponse, et nos forces armées répondront à l’escalade par l’escalade », a dit le mouvement yéménite, sur la même chaîne.

Fin de la trève à Gaza. Nuits d’horreur en Palestine. La fin nécessaire du sionisme

La trève entre la Résistance palestinienne et Israël a débuté le 19 janvier 2025. Cependant la guerre a continué à haut bruit en Cisjordanie et à bas bruit au sud Liban et dans la bande de Gaza. Dans la nuit du 18 au 19 mars, au moins 400 Palestiniens sont morts dans la reprise des bombardements de la bande de Gaza.

Les frappes aériennes israéliennes ont repris à Gaza le 18 mars 2025, entraînant l'assassinat de hauts responsables du gouvernement palestinien, dont Issam al-Dalis, Ahmed al-Hatta, Mahmoud Abu Wafta et Bahjat Abu Sultan.
Portraits des leaders assassinés du Hamas

Dans un réflexe de fou furieux, Israël s’acharne sur la Cisordanie et sur Gaza. Nous pleurons nos camarades assassinés par les sionistes.

Abou Hamza assassiné

La fuite en avant des sionistes dans la terreur la plus sauvage nous amène à un moment des plus tragiques de l’histoire de l’humanité. Il faut impérativement que cette bestialité cesse.

Elle ne peut terminer que par la fin du sionisme. C’est-à-dire la constitution d’une unique État démocratique de Palestine, formé de tous les citoyens disposés à vivre dans l’unité.

Pourquoi Bruno Retailleau est-il obsédé par les OQTF ?

La presse algérienne a largement expliqué à Bruneau Retailleau, ministre français de l’Intérieur, qu’il devrait suivre des cours de droit. Nous joignons les articles d’El Moudjahid et de Horizons. Mais il est intéressant de résumer l’argument en cinq points.

Premièrement. La technique des “listes” d’OQTF ne correspond à aucune pratique légale et habituelle.

Deuxièmement. L’Algérie soutient la protection consulaire de ses ressortissants en France.

Troisièmement. La Convention de Chicago que la France met en avant ne contient aucune obligation pour les compagnies aériennes.

Quatrièmement. Les restrictions d’accès au territoire de détenteurs de passeports diplomatiques contredit l’accord franco-algérien de 2013.

Cinquièmement. L’accord de 2007 est abrogé depuis une douzaine d’années. Ce n’est pas celui qu’il faut suivre.

À la lecture de ce mini-dossier, on voit que Bruno Retailleau cherche des prétextes et qu’il navigue dans un univers de textes qu’il maîtrise mal. Même s’il y a 60 OQTF (obligation de quitter le territoire français) qui concernent des Algériens, l’État français n’est pas en péril. Rappelons qu’il y a 80 000 prisonniers en France.

Que cherche Bruneau Retailleau ? Être élu président des Républicains ? Sur un dossier biaisé et mal maîtrisé. Ce n’est pas très sérieux.

S’il cherche un accord “populaire” pour faire la guerre à l’Algérie. Il lui faut savoir qu’il y a plus de 60 ans des Français de droite et de droite-extrême, avec l’OAS maffieuse et assassine, se sont donné comme objectif de gagner cette guerre contre l’Algérie. Cette guerre, ils l’ont perdue. Soixante ans après, ils la perdraient encore. Ils la perdront encore.

Il faut le dire : La recherche par les impérialistes d’une sale guerre contre le peuple algérien est le meilleur moyen de souder une majorité de lutte en France et en Europe contre la guerre faite aux peuples.

L’Union européenne prépare la guerre

Une partie de l’impérialisme français rêve d’en découdre avec des forces mondiales du prétendu “sud-global” (comme l’Algérie). C’est le cas des Retailleau, des Le Pen et des Zemmour.

La plus grande partie de l’impérialisme français vise un autre objectif. Avec l’Union européenne, et dans le cadre de l’OTAN, ils se focalisent contre la Russie. Ils découvrent des milliards d’euros par centaines pour moderniser les armées, pour transformer l’Union européenne en tremplin militarisé contre la Russie.

Il faut avouer que la Russie semble le prendre avec beaucoup de placidité. Mais il y a danger.

C’est en uniforme militaire que Vladimir Poutine, le président de Russie, s’est rendu le 12 mars 2025 dans la région de Koursk. Là où les forces ukrainiennes ont déclenché une “invasion de la Russie” à l’été 2024. Montre-t-il que rien n’arrêtera l’opération que mène la Russie en Ukraine ? Une partie des Européens semble le penser. Notamment Emmanuel Macron. Dans son intervention solennelle à la télévision, le 5 mars 2025, Macron déclare que « la menace russe est là et touche les pays d’Europe, nous touche ». Il rappelle que la Russie « a déjà fait du conflit ukrainien un conflit mondial », « viole nos frontières pour assassiner des opposants, manipule les élections en Roumanie, en Moldavie », « organise des attaques numériques contre nos hôpitaux » et « tente de manipuler nos opinions avec des mensonges diffusés sur les réseaux sociaux ». Et encore : « la Russie est devenue au moment même où je vous parle et pour les années à venir une menace pour la France et pour l’Europe ».

Nous avons déjà dit tout ce que cette liste contient de tendancieux et de faux.

Cependant, il semble qu’Emmanuel Macron parvient à aligner peu à peu les dirigeants de l’UE sur ses convictions. On pourra peut-être un jour dire que ce “discours du 5 mars” est comme “l’assassinat du grand-duc” (28 juin 1914) de la guerre qui se prépare.

Les dirigeants de l’UE cherchent à faire croire que cet affrontement provient de février 2022 et du début de l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine. On entend déjà de plus en plus souvent que la guerre a commencé en 2014, avant les protocoles de Minsk, au moment de la prétendu “Révolution de Maïdan”.

En vérité, il faut remonter beaucoup plus haut. La fin de l’Union soviétique en 1991 a laissé un gout amer dans la bouche des impérialistes de l’Europe de l’Ouest. Toute cette énorme richesse, toutes ces abondantes matières premières, dont la Russie est un des principaux détenteurs mondiaux, finissent par échapper aux blocs impérialites déjà constitués que ce soit l’Europe de l’Ouest ou les USA. Il n’est pas question pour ces deux blocs de laisser la place à un troisième bloc, autour de la Russie. Au moment où la Chine populaire émerge comme une énorme puissance humaine et politique avec laquelle il faut compter.

La guerre à venir - dont l’issue n’est pas écrite - va donc consister à la recherche du “partage du gateau russe” parallèle à l’anéantissement de la puissance communiste chinoise.

En 1941, les deux guerres n’en formaient qu’une. Les nazis, alliés aus fascistes italiens, aux pétainistes français, et aux Japonais, en attaquant l’URSS tenaient le double rôle. Les difficultés militaires des nazis dès la fin de 1941 (et surtout après Stalingrad en 1942) ont amené une autre partie de l’impérialisme à s’allier à l’URSS pour “sauver les meubles”. C’est le sens de la coalition entre l’URSS, les USA et la Grande-Bretagne, rejoints tardivement par la France “gaulliste”.

Les communistes ne se posent pas de questions. Ils agissent pour la défaite de leur propre impérialisme. Ils se battent pour la victoire du communisme et pour la révolution dans leur propre pays.

Communistus


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