Nettoyer les déchets nucléaires de la France en Algérie - Résolution anti-algérienne du Parlement européen
Bonjour,
Depuis août 2024, les instances politiques de l’Algérie dénoncent la France tous les jours sur tous les terrains : le choix de la position coloniale du Maroc sur le Sahara occidental, le rôle du prix Goncourt décerné à Daoud, les commentaires sur l’arrestation de Boualem Sansal, les remarques de l’ancien ambassadeur à Alger, celles du président Macron et du ministre de l’Intérieur Retailleau, le concert des nostalgiques de l’Algérie française autour de Zemmour…
On peut dire que la République algérienne démocratique et populaire a un courage unique d’attaque. Elle dit haut et fort qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans l’attitude de la France. Elle demande que les attitudes soient corrigées. Elle explique par le détail tout ce qui ne va pas.
Aujourd’hui, plus particulièrement, le parlement algérien prend des textes pour demander à la France de débarrasser l’Algérie des déchets nucléaires au Sahara. Nous nous associons pleinement à cette demande. Plutôt que de creuser des fosses pour enfouir inutilement les restes radio-actifs, il faut prendre les moyens de rassembler et d’éliminer ces scories et de créer - sur le sol de la France - un “sarcophage” comme à Tchernobyl en Ukraine.
Les camarades peuvent lire le détail des textes du parlement algérien dans les pièces jointes. Ci-dessous nous donnons quelques détails sur ces expériences nucléaires militaires.
Après l’Algérie, la France a continué ses expériences à Muruora dans l’océan Pacifique. Il va de soi que nous pensons que la même solution de nettoyage s’impose à Muruora.
Nettoyer les déchets nucléaires de la France en Algérie

À la une de El Moudjahid - 25 janvier 2025
Début du programme nucléaire français (1945-1958)
En mars 1945, le ministre de la reconstruction et de l’urbanisme Raoul Dautry informe le général de Gaulle que le nucléaire serait “bénéfique” tant à la reconstruction qu’à la Défense nationale. De Gaulle charge Raoul Dautry et le communiste Frédéric Joliot d’organiser l’industrie française du nucléaire. Après le bombardement atomique d’Hiroshima et de Nagasaki (6 et 9 août 1945) est créé le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) le 18 octobre 1945 pour les recherches sur l’énergie atomique dans l’industrie et de défense.
Au fort de Châtillon (commune de Fontenay), affecté au CEA le 8 mars 1946, Zoé, a première pile atomique fonctionne. Elle est très faible. Le 20 novembre 1949, quatre milligrammes de plutonium sont produits.
L’explosion de la première bombe nucléaire soviétique en 1949, font que la France impérialiste ne peut plus conserver la position “pacifiste” du CEA, celle que défend Frédéric Joliot. Comme il soutient l’Union soviétique, il démissionne du CEA en avril 1950.
L’armement atomique de la France n’est décidé officiellement qu’en juillet 1952 lors du premier débat à l’Assemblée nationale sur le plan quinquennal de l’énergie atomique. La décision de la fabrication d’une bombe n’est pas prise alors. Mais, en 1954, après la défaite de Ðiện Biên Phủ, à cause du traité de la Communauté européenne de défense (CED) interdisant aux membres d’avoir un programme nucléaire militaire indépendant. L’OTAN change de stratégie en faveur de “représailles massives et précoces” avec l’emploi de l’arme atomique.
À la fin de l’année 1954, le Bureau d’études générales (BEG) est créé. C’est l’ancêtre de la Direction des applications militaires (DAM). Le CEA dispose de 30 ha à Bruyères-le-Châtel, sur les fonds du SDECE.
Déploiement du programme nucléaire militaire français (1958-1996)
Après une période de repli à Colombey, de Gaulle devient président du Conseil le 1er juin 1958. Au premier Conseil de défense, (17 juin 1958), il met fin à la coopération nucléaire franco-germano-italienne initié en 1957. Il accélère le programme nucléaire français en donnant la date de la première expérience française. La première bombe atomique française, “Gerboise bleue” explose le 13 février 1960 sur le site de Reggane, en Algérie. Depuis le 1er novembre 1954, la guerre d’Algérie est en cours. Devant l’hostilité internationale aux explosions à l’air libre, des expérimentations reprennent en souterrain dans le massif du Hoggar à In Ecker. Treize tirs y sont effectués de 1961 à 1966. Lors du deuxième tir, le 1er mai 1962, un accident nucléaire se produit. Le bouchon de la galerie est pulvérisé. Un nuage radioactif de gaz et de particules s’échappe.
Les essais nucléaires sont réalisés de 1960 à 1992, d’abord en Algérie de 1960 à 1966, puis dans le Pacifique de 1966 à 1996.
Notons qu’à la faveur du traité d’Evian, les essais nucléaires français se poursuivent en Algérie après la fin de la guerre d’indépendance. C’est contre cet état de fait que le colonel Houari Boumédiène effectue un redressement révolutionnaire à partir de juillet 1965.
La France signe le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) le 24 septembre 1996 et démantèle ses installations de tests dans le Pacifique. Le Parlement ratifie le TICE le 6 avril 1998. La France ne réalise plus d’essais nucléaires.
La “force de dissuasion” ou “force de frappe” française se constitue progressivement à partir des années 1960. Dans les années 1980 et 1990, elle comprend 540 ogives en 1992 et un total de 1 260 armes ont été construites depuis 1964.
En 1996, les 18 silos de missiles sol-sol du plateau d’Albion dans le Vaucluse sont désactivés.
La dissuasion nucléaire comporte actuellement deux composantes, la force océanique stratégique (FOST) et les forces aériennes stratégiques (FAS). Elle dispose de 300 têtes nucléaires. Elle représente environ 22% du budget de défense de la France.
Aujourd’hui, neuf États dans le monde détiennent la bombe atomique : USA, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël.
Nous sommes pour le désarmement nucléaire intégral. À commencer par celui des puissances impérialistes bellicistes.
Vive la Révolution socialiste et le communisme.
Communistus
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